Il y a quelques semaines, j’ai été à ça de me voir proposer un poste de prof. Ouais. C’était pour un remplacement de quelques semaines. Jeter un peu comme une boutade mais, étant donné, qu’il n’y avait personne de disponible et que bon, bah, j’étais là, si j’avais un peu insisté, j’aurais sans doute pu prendre le poste.
Il y a deux/trois jours, comme tous les ans, je suis tombée sur les résultats du Capes. Comme tous les ans, j’ai vu des noms de personnes que je connaissais. Et comme tous les ans, j’ai été surprise. Encore plus que d’habitude. Parce que. Il y a deux ans, que celle qui était la première de la promo finisse par avoir son concours et par devenir prof, c’était pas tellement étonnant. Mais. Cette année, que la fille qui a eu toutes ses années de licence avec justesse, et encore en se tapant les rattrapages à tous les coups, c’est un peu déstabilisant. Ça l’est encore plus quand on sait que cette fille n’avait absolument aucune intention d’être prof, qu’elle voulait travailler dans le tourisme et que les cours, ça la saoulait “grave”. Donc, cette fille qui, aux dernières nouvelles, avait lâché ses études la troisième semaine de cours de master, va peut-être à partir de septembre se retrouver à faire cours devant une classe. Elle va peut-être avoir un boulot sûr. Peut-être avoir un salaire qui lui permettra de se payer un appart’. Tout ce que j’espère depuis presque un an que je cherche du boulot, depuis presque un an que j’ai obtenu mon diplôme (avec mention, sans passer par la case rattrapage en cinq années d’études mais on s’en fout quoi). Tout ce que j’ai espéré à chacun des huit entretiens que j’ai passés et loupés.
Et. Je ne sais plus. Je suis perdue. Je me dit que peut-être, c’est une éventualité qui me tenterait en fait. Prof. Parce que, dans le boulot que je fais en ce moment, je suis en contact avec des “jeunes” et, étrangement, ça me plaît. Je vois des possibilités d’autres choses. Et, devenir prof, je n’ai jamais dit non à ça, c’est juste que le faire dans un lycée ou dans un collège, l’éducation nationale, tout ça, ça me tente (tentais?) moyennement. C’est pour ça que les deux fois où je m’étais inscrite pour passer ce Capes au cas où mon premier choix échoue, je ne m’étais même pas donnée la peine de me déplacer pour passer les écrits. De peur de le rater? De peur de le réussir? De peur de ne pas être prête à me retrouver à enseigner à même pas 25 ans?
Mais. Je n’ai plus 25 ans. Je suis plus sûre de moi dans certains domaines. Et, je… m’interroge. Parce que, être prof de l’éducation nationale, ce n’est pas plutôt une vocation, non? Un truc que tu as ou que tu n’as pas? Et, quand tu l’as, c’est pas plutôt quand tu es plus jeune? (en gros, si tu es prof ou veux devenir prof et que tu lis cette note, dis-moi pourquoi tu voulais/veux être prof? Si c’est une vocation? Si c’est un truc dont tu rêves depuis tout(e) petit(e) ou si on peut avoir une “révélation” un peu plus tard?)