Aller sur facebook le dimanche matin

Ouvrir facebook et retomber sur les photos de machin et machine. Ouvrir facebook et voir des photos de cette fille qui l’a complètement éloignée de moi. Et. Elle porte ce truc ridicule sur sa tête. Là. Et. Je me dis que j’en n’aurais pas été capable, moi. Que je n’aurais clairement pas pu être cette fille sur des photos de vacances qu’on légende avec des jeux de mots un peu pourris. Je n’aurais pas pu être cette fille qui porte un chapeau de paille pendant un dîner aux chandelles, cette fille qui se fait prendre en photos sous toutes les coutures, qui sourit pour des trucs débiles, qui, qui… Je n’aurais pas pu. Tout simplement pas pu. En tout cas, pas avec ce garçon. (avec un autre, je ne crois pas non plus) ( on va encore penser que je suis sûrement trop aigrie blasée pour ça.)

(en fait, il faut que j’avoue que cette note était juste un prétexte pour mettre ce gif)

Protégé : It’s no use to pose the question

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Ou si je fais juste semblant

Passer le week-end dernier à rattraper les derniers épisodes de Being Erica. Pleurer devant au moins les cinq derniers. Écouter la même chanson en boucle. Se répéter les mêmes phrases encore. Entendre son prénom partout. Penser à ce qu’il doit faire au moment où je pleure devant Erica Strange. Me dire que je suis débile. Vraiment. Voir le lundi arriver en regardant la neige au dehors. Partir. Revenir. Partir. Revenir. Guetter un quelqu’un qui ne vient pas quand je suis là et qui vient quand je suis ailleurs. Être à deux doigts de relancer une alerte enlèvement (est-il mort? a-t-il été enlevé? est-il rester avec “sa. copine”? #sameoldstory) parce que-ça-fait-plus-de-vingt-quatre-heures-tu-vois que je ne l’ai pas vu et que sa voiture, elle a disparu, et que…, et que…

Et hier. Avoir le prénom du pion-canon. Enfin. Et. C’est tout.

When I first met you I knew you were the one ‘Til you took me home and I met her

Quand tu crushes sur un garçon et que tu apprends qu’il a une copine, tu passes par plusieurs phases. Tu te dis que La copine, c’est qu’un détail, que c’est secondaire, que tu t’en fous, qu’il te plaît et que voilà, tu as envie de le connaître un peu plus et qu’est-ce que tu fais de mal, hein?

Après, tu te dis que tu fais rien de mal, c’est vrai mais que La copine c’est pas secondaire parce que oui, au boulot, vous passez une heure à discuter et à plaisanter mais quand il rentre chez lui, c’est avec La copine qu’il discute, qu’il plaisante et c’est elle qu’il prend dans ses bras et qu’il serre très fort contre lui. Et. ça. c’est. nul.

Enfin, tu te dis que tu es casual/détachée, que La copine, c’est peut-être pas secondaire. Pour lui. Mais que pour toi ça l’est. Secondaire. Parce qu’au fond, de toutes nos conversations, elle n’a occupé que deux secondes de ces longues minutes passées ensemble, juste le temps d’un souffle, juste le temps d’expirer ces deux mots. “Ma. copine”. Pour toi, au fond, ce n’est qu’un détail parce qu’elle n’a pas de prénom, pas de visage, pas de passé, pas de présent, pas de futur. Alors oui, tu te voiles sûrement la face à essayer d’occulter sa présence. Mais. Fuir? Fuir. Quand tu tombes sur un garçon sympa. Gentil. Mignon. “Juste” parce qu’il a une copine? Je ne sais pas. Je ne pense pas que je puisse faire ça. Parce qu’au fond, Crush est juste un crush pour qui mon cœur s’accélère un peu. Un garçon gentil que j’ai juste envie d’apprendre à connaître un peu plus.

Protégé : I don’t care if you really care as long as you don’t go

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I got a desk full of paper that means nothin’ at all

Il y a quelques semaines, j’ai été à ça de me voir proposer un poste de prof. Ouais. C’était pour un remplacement de quelques semaines. Jeter un peu comme une boutade mais, étant donné, qu’il n’y avait personne de disponible et que bon, bah, j’étais là, si j’avais un peu insisté, j’aurais sans doute pu prendre le poste.

Il y a deux/trois jours, comme tous les ans, je suis tombée sur les résultats du Capes. Comme tous les ans, j’ai vu des noms de personnes que je connaissais. Et comme tous les ans, j’ai été surprise. Encore plus que d’habitude. Parce que. Il y a deux ans, que celle qui était la première de la promo finisse par avoir son concours et par devenir prof, c’était pas tellement étonnant. Mais. Cette année, que la fille qui a eu toutes ses années de licence avec justesse, et encore en se tapant les rattrapages à tous les coups, c’est un peu déstabilisant. Ça l’est encore plus quand on sait que cette fille n’avait absolument aucune intention d’être prof, qu’elle voulait travailler dans le tourisme et que les cours, ça la saoulait “grave”. Donc, cette fille qui, aux dernières nouvelles, avait lâché ses études la troisième semaine de cours de master, va peut-être à partir de septembre se retrouver à faire cours devant une classe. Elle va peut-être avoir un boulot sûr. Peut-être avoir un salaire qui lui permettra de se payer un appart’. Tout ce que j’espère depuis presque un an que je cherche du boulot, depuis presque un an que j’ai obtenu mon diplôme (avec mention, sans passer par la case rattrapage en cinq années d’études mais on s’en fout quoi). Tout ce que j’ai espéré à chacun des huit entretiens que j’ai passés et loupés.

Et. Je ne sais plus. Je suis perdue. Je me dit que peut-être, c’est une éventualité qui me tenterait en fait. Prof. Parce que, dans le boulot que je fais en ce moment, je suis en contact avec des “jeunes” et, étrangement, ça me plaît. Je vois des possibilités d’autres choses. Et, devenir prof, je n’ai jamais dit non à ça, c’est juste que le faire dans un lycée ou dans un collège, l’éducation nationale, tout ça, ça me tente (tentais?) moyennement. C’est pour ça que les deux fois où je m’étais inscrite pour passer ce Capes au cas où mon premier choix échoue, je ne m’étais même pas donnée la peine de me déplacer pour passer les écrits. De peur de le rater? De peur de le réussir? De peur de ne pas être prête à me retrouver à enseigner à même pas 25 ans?

Mais. Je n’ai plus 25 ans. Je suis plus sûre de moi dans certains domaines. Et, je… m’interroge. Parce que, être prof de l’éducation nationale, ce n’est pas plutôt une vocation, non? Un truc que tu as ou que tu n’as pas? Et, quand tu l’as, c’est pas plutôt quand tu es plus jeune? (en gros, si tu es prof ou veux devenir prof et que tu lis cette note, dis-moi pourquoi tu voulais/veux être prof? Si c’est une vocation? Si c’est un truc dont tu rêves depuis tout(e) petit(e) ou si on peut avoir une “révélation” un peu plus tard?)

Protégé : You make my day

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In another life, I would be your girl…

Je ne sais pas si c’est parce que j’écoute Katy Perry en boucle depuis hier, si c’est parce que mon horoscope me dit que “je rencontre des personnes charmantes mais que je n’ose pas faire le premier pas” et que je risque de passer à côté d’une “aventure distrayante”, ou bien si c’est parce que je suis retombée sur le titre de ce livre qui met en avant la stratégie de l’audace. (ou pourquoi celles qui osent l’emportent toujours sur les filles bien) (ouais), mais depuis, je me répète que je devrais en faire preuve. D’audace. Et, au vu de ma journée, on peut dire que ce n’est pas gagné parce que, je suis celle qui n’a pas osé sortir son short pour aller au boulot de peur de se faire mater par un ado de 15 ans (ado qui me regarde fixement parfois et, c’est. agaçant. Vraiment). Je suis celle qui n’a pas dit bonjour en premier à pion-canon quand elle l’a croisé, ni à l’américain, ni à Crush d’ailleurs. Je suis celle qui ne lui a toujours pas demandé son prénom.

Je suis celle qui trouve les mots et les attitudes à avoir avec trois ans de retard. Je suis celle qui se lance des défis mais qui ne les relève plus. Et. C’est. Nul.

On my way

Dans quelques semaines, mon contrat se termine. Dans quelques semaines, je repasserai du côté obscur des demandeurs d’emploi. En vrai, il y a peut-être une mini-possibilité de continuer de bosser là où je travaille. En vrai, je devrais aller voir le big boss pour savoir ce qu’il en est vraiment mais j’ai un peur qu’il me dise qu’on va s’arrêter là. Ou que je peux continuer et rester encore un peu…

Parce que, tu vois, d’un côté, se sentir “utile”, se lever le matin pour faire autre chose que checker le site de Pôle Emploi, le site d’Asfored, le site de Profilculture…, et bien, c’est plutôt chouette. “Trouver” sa place quelque part -même si au début, ça n’a pas été franchement évident- c’est plutôt bien aussi. Arriver quelque part, marcher dans les couloirs et avoir des gens qui te sourient et qui te disent bonjour, qui te disent que tu fais du bon boulot, qui n’hésitent pas à se reposer sur toi, c’est plutôt motivant. Se coucher le soir en ne se demandant pas comment on va bien pouvoir faire passer la journée suivante, parce qu’envoyer des cv et des lettres de motivation par dizaine, les gens ne considèrent pas ça comme une “activité, et que les gens, les gens, j’ai beau dire que je m’en fous mais ils me font culpabiliser, c’est léger. Et, ce qui est encore plus léger, c’est que depuis que je travaille là où je suis, les gens ne me demandent plus où j’en suis de mes recherches d’emploi (comme si, maintenant que j’ai décroché ce job “alimentaire”, j’étais placée, casée, sauvée) (j’imagine que si je sortais avec le type atroce et bizarre du magasin où je vais faire mes courses, les gens ne me saouleraient plus à me demander si j’ai “quelqu’un”, je serais placée, casée, sauvée).

Par contre. Ce qui est moins cool c’est de se dire que hey, et mon bac+5, il sert à quoi là en fait? Et, hey, ça veut dire qu’alors je vais être obligée toute ma vie de me contenter de jobs “alimentaires”? Ou alors, c’est se dire qu’on a peut-être fait les mauvais choix et qu’il est temps de trouver un autre chemin à emprunter. Oui. Mais, lequel?

Protégé : You’ve got mail…

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